Retour en images : Journée régionale des soignants en soins palliatifs 2025
Le 27 novembre 2025, la Cellule d’Animation Régionale des Soins Palliatifs PACA (Cel-APSP) a organisé la deuxième Journée régionale des soins palliatifs, réunissant plus de cent professionnels de soins palliatifs sur le thème : « Interroger notre travail en équipe, se retrouver autour de l’interdisciplinarité »
Après une première édition en 2024 placée sous le signe du ressourcement et de la créativité, cette nouvelle rencontre avait pour ambition d’approfondir l’interdisciplinarité, socle fondamental de la qualité de la prise en charge de la discipline.
Un temps fort pour penser et renforcer le travail en équipe
Dans un contexte souvent marqué par la surcharge de travail, le turn-over des équipes et une souffrance institutionnelle croissante, cette journée régionale a été pensée comme un espace sécurisé, inspirant et décloisonné.
L’enjeu : permettre aux professionnels de prendre du recul sur leurs pratiques, de retisser du lien entre disciplines, et de renforcer la cohésion et l’efficacité des équipes, au bénéfice direct des patients et de leurs proches.
Rassembler les acteurs des soins palliatifs de la région PACA, favoriser le partage d’expériences et soutenir le développement des compétences font partie des missions socles de la Cellule d’Animation Régionale. Cette journée s’inscrit pleinement dans cette dynamique collective.
Un parti pris pédagogique expérientiel et innovant
La journée a reposé sur une approche interactive, sensible et réflexive. Les participants ont été invités à expérimenter, à écouter et être écoutés, à travers des formats variés :
- Plénières,
- Ateliers en sous-groupes
- Jeux de rôle
- Atelier supervision
- Moments informels favorisant la rencontre
Le choix du lieu : Montrieux le Hameau
Le Tiers-lieu bucolique en pleine nature à Méounes-lès-Montrieux (83) a pleinement soutenu cette intention, en offrant un cadre propice à l’ouverture et à la déconnexion. Ce site classé, au cœur de la Provence Verte, est un lieu unique alliant nature, histoire et innovation. Ancien domaine des moines chartreux, il est aujourd’hui un tiers-lieu dynamique, avec des espaces de séminaires, un village vacances, des résidences d’artistes, un restaurant guinguette et des projets agricoles.
Objectifs de la journée
Objectif principal
- Renforcer l’efficacité de l’interdisciplinarité au sein des équipes de soins palliatifs
Objectifs intermédiaires
- Créer du lien entre des professionnels issus de structures et de métiers variés
- Soutenir la dynamique d’équipe, redonner du sens, de l’énergie et des repères concrets
- S’entraîner à une posture réflexive dans un cadre volontairement décalé du quotidien hospitalier
Objectifs pédagogiques
- Explorer les questions de légitimité de parole, de crédibilité et de croisement des expertises
- Nourrir une culture commune de l’écoute
- Identifier les freins et leviers de l’interdisciplinarité (institutionnels, culturels, émotionnels…)
Des interventions complémentaires au service de l’interdisciplinarité Manaloa : Un regard décalé sur l’interdisciplinarité
La société Manaloa, spécialisée dans le management, la communication et le développement des équipes, est intervenue avec un parti pris volontairement original : aborder l’interdisciplinarité sous l’angle du coaching et du développement personnel, à l’aide d’outils encore peu mobilisés en soins palliatifs. Cette approche a permis aux participants de « faire un pas de côté », de questionner leurs pratiques professionnelles et relationnelles, et de découvrir des leviers innovants pour renforcer la coopération interdisciplinaire.
La plénière d'ouverture
Dès la matinée, un temps de plénière à. posé un cadre commun en donnant à voir la synthèse des entretiens d’écoute menés en amont, puis en proposant des apports conceptuels structurants sur les leviers essentiels de l’interdisciplinarité.
Ces éclairages ont nourri une réflexion partagée sur les postures professionnelles, la place de chacun et les conditions favorables à un travail réellement collaboratif.
L'atelier 1 : savoir écouter l’Autre et s’écouter
Des ateliers thématiques – en petits groupes – ont ensuite permis une mise en pratique concrète. Le premier atelier, centré sur le savoir écouter l’Autre et s’écouter, a mobilisé des jeux de rôle et des analyses de situations pour expérimenter différentes postures d’écoute, identifier leurs impacts sur la qualité des échanges et renforcer la compréhension mutuelle au sein des équipes. Les débriefings collectifs ont favorisé la prise de conscience des apprentissages et des points de vigilance dans les relations interprofessionnelles.
L'atelier 2 : crédibilité professionnelle
L’après-midi, le second atelier a invité les participants à travailler sur la légitimité à prendre la parole et la crédibilité professionnelle au sein des collectifs pluridisciplinaires. À travers des apports ciblés, des entraînements sur des cas concrets issus du terrain et des échanges entre pairs, chacun a pu explorer ses freins, ses ressources et ses marges de progression pour oser s’exprimer, affirmer sa place et contribuer pleinement aux dynamiques d’équipe.
La plénière de clôture
Enfin, les temps de synthèse et de clôture en plénière ont permis à chacun de formaliser ses principaux apprentissages, d’identifier des pistes d’action concrètes transférables dans son contexte professionnel et de s’engager collectivement au sein de son équipe. Cette journée a ainsi articulé réflexion, expérimentation et projection, au service d’une interdisciplinarité vivante, incarnée et durable.
La supervision en soins palliatifs Un atelier animé par deux psychologues
Margot Adriaens, psychologue à la maison de Gardanne (USP La Villa Izoï) et Christian Bonnet, psychologue libéral et superviseur, ont animé un atelier pensée comme un espace tiers au service du collectif soignant et de l’interdisciplinarité. Cet atelier s’inscrivait dans le fil rouge de la journée : soutenir les pratiques professionnelles face à la complexité et à la charge émotionnelle du travail en soins palliatifs. Dès l’introduction, les intervenants ont invité les participants à s’interroger sur leur quotidien de soignant : Avec quoi, comment, repartons-nous à la fin de nos journées ? Qu’est ce que l’on porte malgré nous ? A quoi ça sert de parler ensemble ? Pourquoi se retrouver entre pairs pour dire quelque chose de ce que l’on vit ? Autant de questions qui ont ouvert un espace de réflexion sur ce qui se vit, se porte et parfois se tait dans l’exercice du soin.
Repères historiques et théoriques de la supervision
L’atelier a proposé un retour sur les fondements de la supervision, issus notamment des apports psychanalytiques et des groupes Balint. Ces repères permettent de comprendre la place centrale de la rencontre clinique et des résonances qu’elle suscite chez les soignants. En soins palliatifs, la confrontation à la souffrance, à la mort et aux limites du soin mobilise des affects et des questionnements existentiels qui nécessitent un espace dédié pour être pensés. La supervision a ainsi été présentée comme un espace tiers, distinct de la formation ou de l’évaluation, favorisant la mise en mots de l’expérience clinique et soutenant une réflexion individuelle, collective et institutionnelle sur les pratiques.
Différencier les espaces de parole existants
Un temps de l’atelier a été consacré à la distinction entre les différents dispositifs de soutien aux équipes : analyse des pratiques, régulation d’équipe et supervision. Cette clarification a permis de situer la spécificité de la supervision, qui autorise à parler à la fois des situations cliniques, de ce qui se joue dans l’équipe et de l’impact subjectif du travail sur chacun.
Animée par un psychologue externe, la supervision repose sur un cadre défini, régulier et confidentiel. Elle n’est ni un lieu de décision, ni un espace d’ajustement du projet de soins, mais un lieu de mise en sens. Elle permet d’accueillir ce qui déborde, d’élaborer collectivement les situations complexes et de soutenir la pratique professionnelle.
Un espace pour déposer, élaborer et mettre du sens
Les échanges ont mis en évidence combien la supervision est particulièrement importante en soins palliatifs. Elle offre un lieu pour penser les impacts du travail de soignant : affects, échos, traces laissées par les rencontres avec les patients et leurs proches. Ce qui ne peut se dire ailleurs trouve ici un espace d’élaboration, dans un cadre sécurisé, respectueux et non jugeant.
En parlant ensemble, les soignants peuvent mettre à distance ce qui les traverse, relier leurs expériences individuelles à une réflexion collective et retrouver des repères partagés. La supervision agit ainsi comme un espace de contenance, mais aussi de transformation et de transmission au sein des équipes.
La supervision comme expérience d’interdisciplinarité
Enfin, l’atelier a ouvert une réflexion sur la supervision comme espace d’interdisciplinarité vécue. En permettant la rencontre de différents métiers, de différents regards et de différentes manières d’être au soin, elle soutient la reconnaissance mutuelle et la circulation de la parole au sein du collectif. Loin d’uniformiser les pratiques, elle offre un lieu pour interroger les différences et y trouver du sens commun.
Une journée construite à partir des réalités de terrain
En amont de la rencontre, Manaloa a mené des entretiens auprès de professionnels de soins palliatifs afin de recueillir leur vécu de l’interdisciplinarité : freins rencontrés, forces existantes, besoins identifiés. Ces échanges ont concerné un échantillon représentatif des métiers impliqués : infirmier·ères, aides-soignant·es, médecins, cadres, psychologues, assistant·es sociales. Les ateliers de la journée ont ainsi été conçus sur mesure, en réponse directe aux attentes exprimées par les équipes.
Une mobilisation régionale large et pluriprofessionnelle
La journée a rassemblé 108 professionnels issus de structures sanitaires, médico-sociales et de soins à domicile, provenant des départements des Alpes-Maritimes (06), Bouches-du-Rhône (13), Gard (30), Var (83) et Vaucluse (84).
Étaient notamment représentés :
- des Unités et services de soins palliatifs,
- des Équipes mobiles de soins palliatifs,
- des équipes territoriales et dispositifs de coordination,
- des structures d’hospitalisation à domicile,
- des établissements hospitaliers publics et privés,
- ainsi que d’autres prestataires de santé.
Les profils professionnels étaient tout aussi variés : infirmier·ères, aides-soignant·es, médecins, psychologues, cadres de santé, coordinateur·rices, psychomotricienne, art-thérapeutes, diététicienne, secrétaire médicale.
Des membres du Conseil d’administration de l’APSP étaient également présents.
Une journée rythmée, conviviale et engageante
Accueillis dès le matin autour d’un café dans une vaste verrière d’époque, les participants ont rythmé leur journée entre sessions plénières, ateliers thématiques, temps de supervision et moments conviviaux. Le déjeuner, partagé en grandes tablées autour d’une cuisine maison, servi au coin du feu, a prolongé les échanges dans une atmosphère chaleureuse et propice à la convivialité.
La journée s’est conclue par un temps de synthèse et d’engagement, permettant à chacun de repartir avec des repères concrets, des pistes d’action pour son équipe, et le sentiment d’une communauté professionnelle renforcée.
Retour sur les conditions de la journée
Nous souhaitions revenir sur les conditions d’accueil lors de la journée. Malgré les dispositions prévues en amont, le chauffage des espaces n’a pas permis d’assurer le confort attendu. Nous avons bien conscience de l’inconfort que cela a pu occasionner. Nous vous présentons nos excuses pour cette situation.
Une dynamique collective à poursuivre
Au-delà des contenus, des ateliers et des apports, cette Journée régionale 2025 aura surtout été marquée par la force du collectif, la richesse des échanges et la volonté partagée de continuer à faire vivre une interdisciplinarité exigeante, vivante et humaine.
Dans un champ professionnel où les émotions, les tensions et les contraintes sont fortes, prendre le temps de se rencontrer, de se dire, de réfléchir ensemble est un acte précieux. Cette journée a rappelé combien la qualité de l’accompagnement en soins palliatifs repose aussi sur la qualité des liens entre celles et ceux qui le portent au quotidien.
La Cellule d’Animation Régionale des Soins Palliatifs PACA – Cel-APSP remercie chaleureusement l’ensemble des participants, intervenants et partenaires pour leur présence, leur implication et leur confiance. Ces temps de rencontre nourrissent une dynamique régionale que nous souhaitons pérenniser, au service des équipes, des patients et de leurs proches.
Rendez-vous pour les prochaines étapes de ce travail collectif, afin de continuer à penser ensemble les soins palliatifs !
L’équipe de la cellule
